Eléments de contexte
Il est courant de constater que beaucoup d’étudiants français poursuivant un LLM aux Etats-Unis passent un barreau américain.
Si compléter son cursus universitaire en droit est aujourd’hui encouragé, le choix d’un LLM plutôt que d’une école de commerce vous accordera une plus-value pour exercer le métier d’avocat. Le cursus du LLM est effectivement une voie de choix pour exercer le métier d’avocat. Les enseignements en LLM sont directement corrélés à la profession d’avocat ou à une profession judiciaire (par exemple a déontologie est enseignée dès la Law School, et ce que l’on choisisse de passer le barreau ou non).
C’est la raison pour laquelle un barreau est souvent considéré comme une « suite logique » du LLM, puisqu’il s’agit d’un enseignement dans une Law School qui prépare 99% de ses étudiants à devenir avocats.
L’une des raisons de cette différence avec le barreau en France peut être le statut de l’avocat en France et à l’étranger. En effet, le métier de « juriste » en France est généralement exercé par des avocats aux Etats-Unis, ce qui correspond aux « in-house counsel ». En France, il n’est pas permis d’exercer en tant qu’avocat en entreprise.
C’est l’une des possibles explications pour lesquelles vous constaterez que la quasi-totalité des étudiants américains (JD students) passe le barreau à la fin de leur cursus. Au contraire en France, le passage du barreau n’est pas une voie obligatoire à laquelle tous les étudiants en droit se destinent.
Utilité personnelle
L’utilité de passer ou non le barreau dépend avant tout de vos aspirations personnelles. Il est également important d’envisager le passage d’un barreau selon si vous choisissez de rester sur le sol américain ou revenez en France.
A cet égard, gardez en tête qu’en raison de l’inexistence du statut de « juriste » à l’américaine, de nombreuses offres d’emploi dans des domaines juridiques exigeront le barreau de l’Etat en question, même si vous n’êtes pas ammené à plaider.
Toutefois, la simple réalisation d’un LLM demeure un atout à part entière : la qualité des enseignements, la pratique de l’anglais et l’ensemble de l’expérience constituent une plus-value inestimable pour votre cursus. De plus, selon votre domaine juridique ou la carrière à laquelle vous vous destinez (par exemple, travailler pour une organisation internationale…), il n’est pas toujours indispensable de posséder un barreau.
Passer le barreau américain pour exercer en France
Dans l’esprit de beaucoup d’étudiants, le passage du barreau américain est une voie alternative pour l’obtention du barreau français.
Comme tout parcours atypique, le chemin vers le barreau français sera semé d’embûches et ne sera pas toujours pleinement compris par les professionnels (se référer à cet égard à l’article relatif au passage de l’examen de l’Article 100). Toutefois, pour tous les cabinets internationaux, notamment anglo-américains, la double qualification représente un avantage non négligeable.
Toutefois, tous les étudiants l’ayant réalisé pourront en attester : il ne s’agit ni d’une voie plus facile, ni plus rapide. A titre indicatif, comptez un délai d’environ 2 ans entre votre passage de l’examen du barreau de New York (par exemple) et votre prestation de serment au barreau français.
Cette voie représente également un investissement sur le long terme, mais il faut prendre en compte la nécessité d’avoir à passer quelques mois et années complémentaires en études, puis potentiellement en stage, avant d’enfin pouvoir pratiquer sous le statut de l’avocat libéral. Même si force est de constater que les rémunérations dans certains cabinets prestigieux sont élevées et vous permettront de compenser un potentiel crédit étudiant, il est nécessaire d’anticiper un certain laps de temps avant de parvenir à une situation comfortable, et une certaine patience pour votre retour sur investissement.