Chercher un emploi aux USA

Traditionnellement, un étudiant en droit fraichement diplômé de son université dispose de plusieurs canaux de recrutement.

  • Il est fréquent que lors de leurs études, pendant la période d’été, les étudiants en droit effectuent des stages (parfois appelés internships, clerkship, fellowship…). A l’issue de leur Jurisdoctor (JD), une fois le barreau passé, il n’est donc pas rare que ceux-ci se voient proposer un poste dans ces mêmes structures avant même d’avoir prêté serment.
  • Il est également courant que ceux-ci participent à des des « job fair », événement annuel, où les cabinets d’avocats, institutions et entreprises se retrouvent directement sur le campus de la faculté pour recruter et s’entretenir avec de futurs candidats. Des embauches ou pré-embauches succèdent généralement à ce type d’événement.
  • En outre, ils peuvent compter sur leur réseau constitué pendant leurs trois ans à l’université ainsi que sur le career services faculté de Droit.

Ces canaux de recrutement ne sont disponibles que dans une moindre mesure aux étudiants LLM. En effet, la majorité des étudiants repartent dans leur pays d’origine après un LLM ou après une brève expérience professionnelle.

Ces différents canaux de recrutement étant ceux utilisés traditionnellement par les cabinets d’avocats, l’une des conséquences est de rendre le processus de sélection relativement opaque pour un « outsider ». Plusieurs barrières peuvent venir freiner l’intégration d’un étudiant LLM souhaitant se positionner sur le marché juridique aux États-Unis. Toutefois, il est possible de trouver un travail en mettant toutes les chances de son côté.

Faire de votre profil singulier une force

Gardez en tête que votre profil atypique peut ne pas intéresser le recruteur moyen. Cela dit, les spécificités de votre expérience peuvent aussi intéresser des recruteurs dans des secteurs particuliers.

Il existe de nombreuses entreprises françaises implantées aux Etats-Unis. Beaucoup de cabinets sont également présents sur les deux continents, et leur point d’entrée sur le continent européen étant généralement Londres ou Paris. Ces entreprises et cabinets pourraient justement être intéressés par un avocat disposant d’une double qualification.

En outre, si vous n’êtes pas fermé à l’idée de travailler dans une autre spécialisation que votre qualification d’origine, n’hésitez pas à regarder du côté de secteurs juridiques dans lesquels l’internationalité est un atout comme le droit de l’immigration. Certaines institutions basées aux Etats-Unis exigent également la pratique de plusieurs langues pour intégrer l’organisation (par exemple, l’Inter-American Development Bank (IDB) basée à Washington D.C., qui impose la pratique d’au moins deux langues parmi les 4 parlées communément sur le continent américain : l’anglais, l’espagnol, le portugais et le français).

Sensibiliser les recruteurs dès le départ sur l’OPT

Un problème supplémentaire se pose à vous. La majeure partie des recruteurs ne savent même pas en quoi consiste un OPT. Dans l’ignorance, les recruteurs, disposant de leur propre processus de recrutement, ne sauront que faire d’un « étudiant en OPT ».

Dans ces conditions, la recherche d’emploi peut être frustrante et décourageante. Vous pourrez passer des jours voire des semaines à solliciter des cabinets, des entreprises, ou des institutions sans résultat.

N’hésitez pas, lorsque vous contactez les recruteurs, à expliquer que vous disposez déjà d’une autorisation de travail via votre visa (qui ne nécessite pas de démarche de leur part).

Anticiper le calendrier d’embauche

Que vous terminiez votre LLM en décembre ou en mai, les recrutements pour bon nombre de postes se font largement en amont (parfois même une année à l’avance pour les gros cabinets).

N’hésitez pas à vous faire connaître le plus tôt possible auprès des cabinets qui vous intéressent, à vous rapprocher du service en charge de l’insertion professionnelle de votre Faculté de Droit et à networker le plus tôt possible.

Pour les autres cabinets d’une moindre taille, le calendrier de recrutement est plus souple. N’hésitez pas à vous intéresser à ces structures qui peuvent également offrir de très belles expériences et dont les processus de recrutement sont moins contraints.

Définir votre plan d’action

En tout état de cause, il arrive que certains avocats français doivent quelque peu revoir leurs attentes dans la recherche d’emploi aux Etats-Unis. Il va sans dire qu’un avocat français diplômé d’un bon Master 2 et d’un LLM avec un ou deux stages dans de bons cabinets aura un très beau profil sur le marché français et pourra prétendre à de très belles collaborations. Aux Etats-Unis, un tel profil ne serait pas tout à fait sur le haut de la pile et nécessite beaucoup plus d’efforts pour atteindre les cabinets prestigieux.

Dans ce cadre, il est parfois nécessaire de revoir vos priorités en fonction de vos objectifs personnels (est-ce de rester aux Etats-Unis, de disposer rapidement d’une première expérience professionnelle dans un grand cabinet ?).

Ayez en tête que, même si vous retournez en France à l’issue de votre LLM, votre expérience aux Etats-Unis restera l’une des caractéristiques majeures de votre profil et peut vous permettre, plus tard dans votre carrière, de vous voir offrir plus d’opportunités à l’étranger.

Ceci est particulièrement vrai pour les étudiants français, pour lesquels il est assez commun de partir en LLM dès la fin du Master et avec peu d’expérience professionnelle. D’autres étudiants internationaux choisissent de réaliser un LLM après plusieurs années d’expérience dans leur pays. Cette expérience (ainsi que leurs contacts professionnels, etc.) sont plus faciles à valoriser dans le cadre d’une recherche d’emploi post-LLM.

Somme toute, ne pas rebondir immédiatement sur un emploi aux Etats-Unis après votre LLM n’est pas dramatique et ne signifie pas que toute votre carrière s’effectuera en France.

Etape n°1 : fixez-vous un objectif. – Décidez-vous sur un objectif de recrutement. Quelle structure souhaitez-vous intégrer et comment cela s’intègre-t-il dans votre parcours ? Est-ce simplement découvrir une profession, améliorer votre anglais juridique, ou bien propulser les bases de votre carrière aux États-Unis ? Vous devez décider où vous postulerez. Peut-être avez-vous déjà un objectif en tête tel que l’ONU, un poste en cabinet d’avocats ou bien un poste de Law Clerk en juridiction.

Quel que soit votre objectif, veillez à le préparer correctement et répondre à toutes les questions que cet objectif pose. Cela vous sera utile tant d’un point de vue professionnel que personnel. En effet, les choix que vous aurez à faire (par exemple choisir ou non un poste, déménager ou non) peuvent avoir des conséquences lourdes sur votre situation personnelle (finance, vie familiale, logistique). Aussi, il est très important d’avoir vos objectifs au clair dès le début. Cela est d’autant plus vrai en période de pandémie mondiale où le coût du transport a été rehaussé significativement depuis ces dernières années.

Etape n°2 : Soyez stratégique. – La deuxième phase de votre préparation consiste en l’élaboration d’une stratégie pour atteindre cet objectif. Vous pouvez tenter de définir quels sont les postes que vous viserez, si ces derniers vous permettent d’atteindre votre objectif à court terme, long terme… en fonction des paramètres que vous aurez définis.

Exemple : même si vous disposez de deux années d’expérience, êtes vous prêts à être recruté en stage dans un cabinet tant que celui-ci se situe sur le territoire US ? Ce poste peut-il être une porte d’entrée pour une position qui vous intéresse ?

A ce titre, tirez profit du career service au sein de votre université (même en tant qu’alumni). Celui-ci devrait pouvoir vous accompagner afin que vous établissiez votre stratégie personnelle et individuelle pour postuler. Le career service peut également être une aide précieuse pour les étapes préalables que sont la définition de votre objectif ou même la préparation de votre dossier de candidature.

Préparer vos candidatures

Préparez votre profil – Avant toute chose, préparez-vous. Cela est évident mais essentiel. Constituez-vous un dossier de recrutement digne de ce nom. Mettez à jour votre CV de vos récentes expériences (LLM, barreau, hobbies, voyages). Préparez également votre discours : qui êtes-vous ? Que faites-vous ? Pourquoi êtes-vous aux États-Unis et pourquoi un LLM ? Pourquoi avez-vous passé le barreau ? Quelle est votre ambition pour votre carrière ? Pourquoi avez-vous choisi cette université et non une autre ? Qu’espérez-vous retirer de votre OPT ?

Collectez l’information – Avant de vous lancer dans l’action, utilisez toutes les ressources à votre disposition. Recueillez toute l’information pertinente pour votre objectif afin de répondre notamment aux questions suivantes :

–    quels sont les codes à adopter pour postuler ?

–    les candidatures sont-elles toujours ouvertes ?

–    quel type de profils sont recrutés ?

–    que recherchent mes recruteurs ?

Utilisez tous les réseaux à votre disposition pour récolter l’information nécessaire tels que celui de l’université mais également celui de vos professeurs et celui des anciens étudiants de votre faculté (alumni services). Il est courant que des anciens étudiants soient toujours en contact avec l’université de votre LLM et puissent vous informer des opportunités disponibles.

Passer à l’action !

Une fois votre stratégie établie mettez-là en marche : envoyez vos cv, emails et courriers, démarchez les personnes que vous avez identifiées, et rendez-vous en entretien.

Quelques recommandations :

–    Soyez le plus personnel possible,

–    Préférez le présentiel au distantiel et allez à la rencontre de vos recruteurs et contacts,

–    Demandez conseils à vos contacts,

–    Rencontrez le plus de personnes possibles,

–    Ayez toujours une copie de votre CV à portée de main.

Vous devez définir comment vous adresser à votre destinataire, le recruteur que vous visez. On ne s’approche pas de la même manière d’un avocat et d’un juge, et d’une personnalité politique.

L’utilisation du networking. – Networker fait partie intégrante du développement académique et professionnel aux États-Unis. Aussi, il est tout à fait normal de prendre contact avec les anciens étudiants de votre université ou avec toute personne qui pourrait vous aider dans votre parcours.

Que vous ayez ou non l’ambition de trouver un emploi, nous vous encourageons vivement à networker avec tout le monde : les étudiants, les professionnels, les enseignants, le personnel administratif, les inconnus. Toute rencontre est une chance pour vous d’apprendre sur la culture et pratiquer votre anglais. Cela est d’autant plus vrai dans la perspective de trouver un emploi.

Partage d’expérience d’étudiant
« Après mon LLM et durant les premiers mois de mon OPT, je cherchais un emploi en cabinet d’avocats. Après de nombreux refus, je me suis tourné vers la clinique juridique de mon université. Ils avaient déjà recruté tous les étudiants pour l’année universitaire en cours qui venait de commencer. Qui plus est, ils n’avaient pas besoin d’une personne parlant français. Toutefois, j’ai recroisé plusieurs étudiants avec lesquels j’avais réalisé mon LLM. Je discute avec certains d’entre eux dans les bureaux et leur fait part de ma recherche d’emploi infructueuse. Une étudiante que je ne connaissais pas m’a entendu et s’approche vers moi. Elle me dit qu’une amie à elle vient de terminer son stage dans un cabinet d’avocats proche du campus et qu’apparemment ils cherchent un ou une remplaçante. Le jour même, je me suis rendu au cabinet avec mon CV et m’ont pris en entretien improvisé immédiatement. Je démarrais la semaine suivante pour un « test » qui durera pendant presque un an. »

La persévérance et votre aptitude à vous adapter sont des facteurs clés de votre réussite. Vous êtes capables tout autant que les autres (si ce n’est plus encore !). N’abandonnez pas et armez-vous de patience, de méthode et de rigueur.

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